Gérard Basset est mort, emporté par un cancer. Trop tôt et au faîte d’une carrière d’exception qu’il avait menée tambour battant en Angleterre. En parallèle de son métier de sommelier, il avait créé les Hôtels du Vin, une petite chaîne vite revendue pour créer l’hôtel Terra Vina à Southampton. Il était officier de l’ordre de l’empire britannique (OBE) et l’un des pères fondateurs de la marque de verrerie champenoise Lehmann Glass. Non content d’être l’un des rares Français a avoir gagné le droit de mettre les deux initiales MW derrière son nom (pour Master of Wine, le diplôme anglais), il avait gagné le titre de Meilleur sommelier du monde en 2010 à l’occasion du concours organisé avec le concours de Moët & Chandon à Santiago du Chili. C’est là que je l’avais rencontré. J’avais été bluffé par la force, la science et la modestie de cet homme obstiné et tendu vers la gagne qui, d’épreuve en épreuve, jour après jour, avait peu à peu repoussé ses concurrents dans les cordes pour l’emporter haut la main devant deux autres pointures, Paolo Basso et David Biraud. Après la proclamation des résultats, chacun remontait dans sa chambre pour se préparer au dîner de clôture et le hasard a voulu que je prenne l’ascenseur avec lui et son beau-père anglais. Il lui avait alors soufflé ces mots « It’s good for business ». Aucun cynisme dans le propos, mais son humilité naturelle l’avait sans doute empêché de dire « It’s good to be the king ». Reposez en paix, monsieur Basset, vous vivrez longtemps dans nos souvenirs épatés.

Photo : Gérard Basset dans la cave de son hôtel Terra Vina brandit fièrement une bouteille d’une des meilleures cuvées de la coopérative de Plaimont dans le Gers, Le Faîte. ©Presse

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